Archive for février 2009

Google Analytics vs XiTi: la mesure de l’origine des visites

février 24, 2009

Il y a quelque chose que j’ai toujours eu du mal à comprendre. Comment fait Google Analytics pour relever que la majorité de nos visites proviennent de… Google, quand n’importe quel autre outil de mesure de web analytics nous donne un pourcentage largement inférieur ?

Prenons un cas concret : chez Toprural, nous utilisons en parallèle XiTi (ATInternet) et Google Analytics (GA). Au mois de janvier 2009, GA indique que 71,8% des visiteurs ont accédé au site via un moteur de recherche alors que XiTi en rapporte 37,8%.

Origine des visites www.toprural.com, jan/09, selon Google Analytics

Origine des visites http://www.toprural.com, jan/09, selon Google Analytics

Origine des visites www.toprural.com, jan/09, selon XiTi

Origine des visites http://www.toprural.com, jan/09, selon XiTi

Comment s’explique une telle différence ?

Deux facteurs expliquent une telle différence.

1e partie de l’explication :
XiTi sépare les visites qui proviennent des moteurs de recherches en 2 groupes : « moteurs de recherche » et « notoriété« . « Moteur de recherche » comprend les visites qui arrivent à votre site à partir des résultats de recherche génériques et « notoriété » représente les visites obtenues à partir de recherches de notre nom (par exemple: les utilisateurs qui ont recherché “toprural”, “top rural”, “www.toprural.com”, “toprural.com”, etc.).

Mais le fait que la « notoriété » soit mesurée à part n’explique pas un tel écart entre les résultats de Google et ceux de XiTi. Google Analytics donne un total de 71,8% de visites issues des moteur de recherche alors que XiTi obtient 54,3% en additionnant « moteurs de recherche » et « notoriété ».

2e partie de l’explication :
Grâce au cookie __utmz Google Analytics attribue aux sources externes toutes les visites d’un utilisateur qui a accédé au site ne fut-ce qu’une seule fois par une source externe au cours des 6 derniers mois. Cette durée du cookie est configurable mais la valeur par défaut est de 6 mois.

Exemple : Pierrot visite votre site 2 fois de manière directe (il tape votre url dans la barre d’adresse du navigateur), après quoi il y vient une fois au travers des résultats d’une recherche sur Google. Puis il visite le site 3 fois encore en direct, sans repasser par Google, dans les 6 mois qui suivent.

Combien de visites depuis Google, GA indiquera ? 4 (1 + les 3 suivantes). Combien de visites directes indiquées ? 2 (les deux premières). Alors qu’en réalité il y a bien 1 visite par le biais de Google et 5 visites naturelles/directes.

XiTi est plus proche de ce que je considère comme la réalité : il indiquera 1 visite de Google et 5 visites directes vers votre site.

La politique de mesure de GA répond à une logique de marketing en attribuant à la source externe toutes les visites postérieures. Ce que personnellement je trouve plutôt douteux c’est que cette manière d’attribuer les visites n’est pas expliquée clairement pour les utilisateurs non-experts, et que la valeur par défaut du cookie soit de 6 mois, alors que la pratique générale en ce domaine est d’attribuer les visites à la dernière source externe pendant 30 jours.

Avinash Kaushik, un des experts en analyses web et Analytics Evangelist chez Google nous explique la politique de Google dans la version en espagnol de mon blog.

[…]
Voici une bonne façon de de penser le fonctionnement de Google Analytics : La dernière campagne reçoit le crédit
Pour les besoins de la discussion présente, désignons par campagnes email, recherche, affiliation, vidéo, médias sociaux, et tout ce que vous pouvez imaginer.

Voici quelques scénarios de comment ça marche (dans le cas de visites multiples)

Visite directe, email, conversion. Reçoit le crédit : l’email

Email, visite directe, conversion. Crédit : l’email

Email, accès par annonce publicitaire, moteur de recherches, conversion. Crédit : moteur de recherches

[lire la suite du commentaire en anglais]

Sur le même sujet, Pablo Román directeur de XiTi Espagne nous explique :

Dans le cas de XiTi, nous mesurons exactement comment tu l’expliques. Après, dans le cas de conversions, nous sommes capables de dire que les visites directes de Pierrot après la visite en provenance de Google sont des postclicks, des rémanences de la-dite recherche sur Google, mais nous allons comptabiliser les visites comme des accès directs.

Moralité : les données par défaut de Google Analytics nous incitent à penser que nous dépendons de Google pour 2 tiers des visites sur Toprural, alors qu’en réalité nous en dépendons pour 1 tiers des visites (moitié moins de ce que nous indique Google).

Google Analytics n’est pas un indicateur neutre. C’est une partie intéressée. Ils ont tout intérêt à à nous faire penser que Google est incontournable et il n’y a pas loin à penser qu’ils nous présentent les résultats comme ça les arrange.

Ce n’est pas une raison pour « jeter le bébé avec l’eau du bain » et abandonner Google Analytics, qui n’en est pas moins un outil très intéressant et gratuit alors que XiTi est payant. Cependant, je pense qu’il est important de ne pas dépendre que de GA pour étudier le traffic d’un site et de ne pas baser ses analyses sur les seules données fournies par GA.

Articles reliés:

La course aux contenus

février 9, 2009

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, pour capter et fidéliser les utilisateurs il faut leur offrir un service bien supérieur à celui de la concurrence.. Comme dit Jakob Nielsen « Sticky sites and extended visits » (en français: des sites collants et des visites longues). Dans le cas des moteurs de recherche, qu’ils soient généralistes (comme Google) ou thématiques (comme Toprural par exemple), le service consiste à proposer une offre plus complète que sur les autres sources d’informations, ou à apporter plus de renseignements sur chaque produit (plus de photos ou plus d’avis d’utilisateurs).

Si on regarde les leaders dans chaque domaine couverts par les moteurs de recherche thématiques ou d’annonces, ils ont en commun la méthode initiale : tous ont commencé par une course aux contenus, plus que par une course à la facturation. Quelques exemples:

  • Google a passé les premières années à indexer des millions de pages web, plus que n’importe quel autre moteur de recherche. En 2000, avant que Google soit devenu le moteur de recherche leader incontournable que nous connaissons, son bot (programme d’indexation) était déjà plus performant que tous les autres, examinant et indexant la plus grande partie des pages web existantes quand les autres ne dépassaient pas les 30 ou 40%. Vous souvenez vous de Lycos ou de Copernic ? Moi, je me souviens avoir arrêté d’utiliser le métamoteur Copernic lorsque les résultats trouvés sur Google ont commencé à être meilleurs et plus complets que ceux fournis par Copernic ou par les autres agrégateurs de l’époque.
  • Idealista.com (le site immobilier leader en Espagne): les fondateurs du site, Jesús et Fernando Encinar, racontent que idealista.com a vu le jour en 2000 avec déjà plus de 5 000 annonces de particuliers à Madrid, alors que le concurrent le plus important à l’époque n’en offrait que 3 500. L’équipe de idealista.com a parcouru Madrid à pied pendant plusieurs semaines afin de pouvoir indexer pratiquement toutes les annonces qui existaient à l’époque. Il ont indexé les offres qui étaient alors publiées sur tous types de supports : papiers collés en rue, annonces collées au mur des petits commerces, presse écrite, etc.
  • Toprural, à ses débuts en juillet 2000 réunissait les annonces de 3 500 gîtes et chambres d’hôtes en Espagne, soit plus de 50% de l’offre existante à l’époque dans ce pays, et déjà plus que tous les autres guides ou sites de tourisme rural. Pour parvenir à ce résultat, nous avons collecté l’information d’associations locales de tourisme rural et portails officiels de toutes les régions espagnoles. Nous n’avions même pas le temps d’avertir les propriétaires de logements que nous les avions répertoriés sur notre portail (ils s’en rendaient compte en recevant les premières réservations). Le plus important était de proposer l’offre la plus exhaustive aux utilisateurs.

Pourquoi j’en parle aujourd’hui ? Le cas de Toprural en France.
En France certains annuaires de gîtes ou chambres d’hôtes existent depuis plus de 10 ans. Nous ne pouvons pas concurrencer ces sites en offrant la même chose qu’eux avec 10 ans de retard. Nous devons donc nous différencier par un service radicalement meilleur, avec un contenu réellement plus complet. Dans notre cas concret, faire la différence passe par un nombre supérieur de logements répertoriés, avec plus de photos, plus de vidéos, de meilleures descriptions et plus d’opinions de voyageurs.

C’est pourquoi nous nous sommes fixés comme objectif de dépasser en contenu tous les portails concurrents en France dès que possible. Irene Marciales, Roland Buquet, Adeline, Julia, et toute notre équipe française, ont mis les bouchées doubles et ont atteint cet objectif. En seulement 3 ans (2005-2008) nous sommes parvenus à proposer une offre plus complète que nos concurrents qui sont présents sur le marché depuis plus de 10 ans. Depuis, nous continuons d’ajouter des gîtes et chambres d’hôtes en France au rythme de 2 000 hébergements supplémentaires par mois. Nous leur offrons une période d’essai gratuite, et les invitons à publier autant de photos et vidéos qu’ils le souhaitent. Nous invitons également les voyageurs à publier leurs opinions. Avec une offre d’une qualité tellement supérieure à celle des concurrents, ce n’est qu’une question de mois pour que le trafic n’arrive et que la facturation ne suive.

1999 - 2009

Logements sur Toprural: 1999 - 2009

C’est notre course aux contenus. Nous avons débuté l’année 2000 avec plus de la moitié des gîtes ruraux d’Espagne. Entre décembre 2008 et décembre 2009 nous doublerons le nombre total de logements européens sur Toprural, passant de 40 000 fin 2008 à 75 000 en décembre 2009 (dont 40 000 en France). C’est un effort important à fournir, mais justifié, si nous voulons devenir la source d’information préférée des voyageurs ruraux.

Homeaway achète Homelidays

février 4, 2009

Nous nous y attendions depuis longtemps et la nouvelle vient de tomber : Homeaway, le conglomérat de portails su secteur de la location de vacances, vient de concrétiser l’acquisition de Homelidays, le portail leader en Europe sur ce marché.

homeaway1homelidays3

Nous avions déjà commenté cette possibilité en novembre dans le post « Que va faire Homeaway de 250 millons de dollars?« , et c’est maintenant chose faite. Il s’agit de la poursuite logique de la stratégie de Homeaway d’acquérir les sites de location de vacances leader dans chaque pays: depuis 2005 Homeaway avait en effet dájà racheté les es 5 principaux portails américains de locations de vacances (vrbo.com, vacationrentals.com, cyberrentals.com, a1vacations.com et greatrentals.com), les nº 1 et 2 au Royaume-Uni (holiday-rentals.co.uk et ownersdirect.co.uk), le nº 1 en Allemagne (fewo-direkt.com) et le nº1 en France (abritel.fr). Tous ces sites étaient des entreprises qui facturaient déjà entre 1 et 15 millions de dollars annuels au moment d’être rachetées par Homeaway.

Combien? aucune information n’a été publiée sur le prix payé par Homeaway.

Et après?

Homeaway poursuivra sans doute sa stratégie d’acquisitions et de diversification dans l’immobilier (achat-vente) de maisons de vacances et tentera probablement de sortir en bourse dès que la conjoncture économique lui sera favorable. En ce qui concerne les propriétaires de maisons de vacances il seront encore plus confronté à un casi-monopole et chercherons probablement à réduire leur dépendance en s’annonçant sur les quelques sites qui ne dépendent pas de Homeaway, comme Rentalia par exemple (dont je suis co-fondateur).

En ce qui concerne Rentalia et Toprural:

Nous avons à présent un concurrent encore plus fort qu’auparavent mais nous redoublerons nos efforts pour rester indépendants, pour continuer d’offrir aux voyageurs le site le plus complet pour trouver une maison de vacance au Portugal, en Espagne ou en Italie (Rentalia) ou des gîtes et chambres d’hôtes en Europe (Toprural), et pour continuer d’offrir aux propriétaires la manière la plus rentable d’obtenir des réservations. Pour se faire une petite idée à propos de la taille des entreprises : Homeaway emploie à présent 454 personnes dont 70 au sein de Homelidays, Toprural emploie 50 personnes, et Rentalia 16. Nous sommes beaucoup plus petits que Homeaway mais plus spécialisés (Toprural sur le tourisme rural), plus agiles, et notre croissance naturelle est nettement supérieure à la leur. À suivre…