Archive for novembre 2008

Toprural cesse d’investir en Adwords

novembre 26, 2008

En 2005, nous avons démarré Toprural en France. Afin d’accélérer notre croissance sur ce nouveau marché, nous avons accompagné ce lancement d’une ambicieuse campagne de publicité sur les moteurs de recherche. Après quelques mois d’essai avec Google Adwords, Overture (devenu entretemps Yahoo Search Marketing) et Miva, nous nous sommes décidés pour le premier, et avons concentré notre campagne publicitaire sur Adwords, qui nous donnait les meilleurs retours.

De fin 2005 à juillet 2008, nous avons investi jusqu’à 200.000€ par an pour promouvoir Toprural sur les moteurs de recherches en français. Cet budget a représenté jusqu’à 5% de notre chiffre d’affaires total et 100% de notre chiffre d’affaires sur la France.

Nous avons mis en place un suivi des visites émanant de la publicité, en nous basant sur le nombre de mails qui en découlaient. Nous nous sommes aperçus que le taux de conversion de ces visites achetées en prise de contact avec les propriétaires de logements ruraux était très bas, et avons estimé notre retour sur investissement à 50% : chaque euro investi dans la publicité sur Google nous rapporte 0,5€. En d’autres termes, nous sommes perdants : pour 1€ investi nous perdons 50 centimes.

Google a créé un marché tellement efficace que les prix s’alignent sur les annonceurs qui sont disposés à investir le plus (même si ce doit être à perte). Les marges des annonceurs se réduisent et les marges de Google augmentent.

Nous nous sommes aussi aperçus que ces visites achetées non seulement étaient de mauvaise qualité (elles génèrent peu de mails) mais qu’en plus les internautes venus par le biais de Adwords sont un public peu fidèle. Les visiteurs qui proviennent de la publicité sur les moteurs de recherches sont des visiteurs « vendus » à la publicité. Ils viennent chez nous aujourd’hui, grâce à l’annonce, mais iront chez un autre demain, grâce à une autre annonce. Nous avons beaucoup investi pendant 3 ans dans Adwords et nous n’avons pas constaté que ces visites achetées se convertissaient en visites naturelles vers Toprural à long terme.

C’est pourquoi, depuis cet été, nous réduisons progressivement notre budget Adwords : nous diminuons notre budget SEM (Search Engine Marketing) de 3.000€ tous les mois, pour passer de 18.000€ en juillet 2008 à 3.000€ en décembre et le maintenir entre 0 et 3.000€ (à voir) par la suite.

Investissement Toprural France en Adwords 2008

Investissement Toprural France en Adwords 2008

Le problème que pose cette sortie c’est qu’il est très difficile d’arrêter une campagne active. Les annonceurs de Toprural (les logements ruraux référencés sur notre site) se sont habitués à voir nos annonces publicitaires en première page des recherches sur Google en France. Ils ne souhaitent surtout pas que cela change et insistent pour que nous continuions d’investir dans la publicité. Il nous faut aussi compenser les visites achetées par des visites naturelles, issues de positionnement naturel sur Google et de la fidélisation des utilisateurs. La publicité sur Adwords provoque une dépendance : il est très facile de commencer mais très difficile d’en sortir.

Pour compenser, nous avons décidé d’investir à fond dans le contenu. En ce moment, nous référençons tous les mois près de 2.000 nouveaux logements en France (nous avons déjà plus de 19.000 logements ruraux en France) à qui nous permettons de publier un nombre illimité de photos et de vidéos. Afin d’améliorer constamment l’information publiée sur chaque fiche de logement, nous incitons les propriétaires à ajouter des vidéos et nous organisons des concours pour inciter les voyageurs à publier leurs opinions et leurs photos.

Dans les autres projets dont je suis actionnaire, je recommande de réduire autant que possible la dépendance aux campagnes de publicité et de concentrer au maximum les efforts sur la qualité du service fourni et des contenus. La publicité est un très bon moyen de générer rapidement beaucoup de trafic (à condition d’avoir un bon budget) mais elle ne contribue pas à développer une position de leadership à long terme.

Vinogusto nº3 mondial en audience

novembre 18, 2008

Au vu du nombre de visites obtenues en octobre 2008, Vinogusto (portail dont je suis actionnaire) se confirme comme 3e mondial dans la liste des portails spécialisés dans le vin, juste après winesearcher.com et devant Verema.com.

Depuis son lancement en 2007, la popularité de Vinogusto.com a grandi de mois en mois, jusqu’à atteindre et même dépasser presque tous ses prédecesseurs.

Comparaison Google Trends - 18nov08

Comparaison Google Trends - 18nov08

D’après ma liste perso et les données de Google Trends, les sites de vins les plus visités sont :

  1. wine-searcher.com (moteur de recherche de vins, leader mondial)
  2. verema.com (communauté, leader en Espagne)
  3. vinogusto.com (réseau social y moteur de recherche de vins, nº3 mondial)
  4. wine.com (vente en ligne, leader aux États-Unis)
  5. cellartracker.com (outil de gestion et communauté, États-Unis)
  6. snooth.com (réseau social et moteur de recherche de vins, leader aux États-Unis)
  7. winelibrary.com (vente en ligne, États-Unis)
  8. 75cl.com (vente en ligne, France)
  9. 1855.com (vente en ligne, France)

Source: mon Delicious de webs de vins + Google Trends for Websites (voir comparaison des 5 premiers portails). Si vous constatez qu’un site d’audience comparable ou supérieure sur Google Trends a été oublié, n’hésitez pas à me le signaler.

Plusieurs éléments expliquent selon moi le succès de Vinogusto :

Ces éléments me paraissent déterminants et je pense que si Vinogusto continue sur cette voie, le site pourrait rapidement devenir le leader des sites internet dédiés au vin.

Remarque : pourquoi utiliser Google Trends plutôt que Alexa ?
Pour comparer les sites en plusieurs langues et dans plusieurs pays, Alexa a tendance à favoriser les sites en anglais. Google Trends me paraît moins biaisé géographiquement parlant et donc plus approprié pour une comparaison multilingue.

Articles sur le même sujet :

Toprural dans Le Journal du Net

novembre 14, 2008

Un excellent article de Baptiste Rubat du Mérac, à propos de Toprural, est paru hier soir dans Le Journal du Net:
TopRural : le tourisme « vert » à l’abri de la crise ?

toprural-le-journal-du-net
Même si 85% de notre chiffre d’affaires provient encore de l’Espagne (3 millions en Espagne pour un chiffre d’affaires total de 3,5 millions en 2008), nos efforts et nos investissements en France depuis 2005 commencent à se voir récompensés.

Autres articles sur Toprural: Toprural dans les médias

Que va faire Homeaway de 250 millions de dollars

novembre 12, 2008

Homeaway a annoncé hier une nouvelle levée de fond de 250 millions de dollars.

Pour la deuxième fois en 3 ans, Homeaway.com, groupement de sites de locations de vacances (concurrent de Rentalia.com dont je suis co-fondateur), réalise la plus grande augmentation de capital du secteur du web depuis l’explosion de la bulle Internet en 2000. L’investissement a été réalisé sur la base d’une estimation de la valeur de la société de 1,15 milliards de dollars, soit 7 11 fois son chiffre d’affaires (150 100 millions de Dollars) et 20 fois son EBITDA qui atteindrait 50 millions de dollars (actualisation).

homeaway

Les précédents apports de capitaux de Homeaway totalisaient déjà plus de 200 millions de dollars, une somme qui avait permis à Homeaway de financer l’acquisition des 5 principaux portails américains de locations de vacances (vrbo.com, vacationrentals.com, cyberrentals.com, a1vacations.com et greatrentals.com), des nº 1 et 2 au Royaume-Uni (holiday-rentals.co.uk et ownersdirect.co.uk), du nº 1 en Allemagne (fewo-direkt.com) et du nº1 en France (abritel.fr). Tous ces sites étaient des entreprises qui facturaient déjà entre 1 et 15 millions de dollars annuels au moment d’être rachetées par Homeaway.

Que feront-ils maintenant des 250 millions obtenus ?

Il ne reste plus beaucoup de concurrents à racheter sur le marché de la location de vacances et avec un EBITDA positif de 50 M$, Homeaway peut financer ses activités actuelles sans recourir à de nouveaux financements. Alors qu’en feront-ils ? Ils vont probablement continuer à acquérir d’autres sociétés bien qu’il ne reste plus beaucoup de poids lourds dans le secteur (à part Homelidays.com en France). Il sera intéressant de suivre les acquisitions qu’Homeaway annonce ou dans quelles nouvelles activités le groupe se lance dans les semaines qui viennent.

Autres articles sur le sujet:

Créer son entreprise: le revers de la médaille

novembre 10, 2008

Suite à mon article « Créer son entreprise sans expérience« , certains ont souligné que se lancer dans cette aventure pouvait aussi comporter des moments difficiles et des sacrifices. Bien sûr, ils ont raison de rappeler que tout n’est pas toujours rose.

Photo de tetenica sur Flickr

Quand nous avons lancé Toprural, j’ai vécu pendant deux ans avec un salaire mensuel de 500€ et mon bureau était ma maison. Nous avons commencé à 2 dans une petite pièce de 8m². Après quelques mois, nous étions 3 et nous avons annexé la salle à manger. Deux ans plus tard, nous étions 6 à la maison et au moment où nous étions sur le point d’installer un poste de travail dans le salon, nous avons dit stop ! Et nous nous sommes décidés à louer un vrai bureau.

Être fauché: malgré mon salaire assez élevé dans mon ancien job, je n’avais que peu de besoins matériels. Nous nous sommes contentés d’une Lancia Y10 vieille de 8 ans, d’un appartement en location, nous mangions du poulet un jour sur deux, en alternance avec les spaghettis, et nous allions au camping à côté de l’hôtel où logeaient nos amis (bon d’accord, ça n’est arrivé qu’une fois).

Penser au projet 24h sur 24 : quand on se lance dans un projet d’entreprise, et encore plus quand on a son bureau à la maison, on pense à son projet tout le temps. Pour moi, un jour normal commençait par la première cigarette (j’ai arrêté depuis), devant l’ordinateur pour consulter mes statistiques de visites de la veille (sur un Nedstat gratuit), un œil sur les nouvelles (les inscriptions, les mails, etc.), et seulement après ce rituel, une douche rapide avant que n’arrivent les premiers au bureau. Pendant la journée, le travail monopolisait mes pensées, à tel point que je me rendais parfois compte, quand j’étais en famille, que je n’écoutais pas ce qu’on me disait. La nuit c’était pareil, je continuais à y penser et même à en rêver.

Une vie peu saine : Début 2001, un an après avoir commencé, j’avais arrêté de faire du sport, je fumais comme un chinois en faillite, j’avais grossi de 5 kilos (je ne m’en suis jamais débarrassés) et je prenais de la valériane pour pouvoir dormir.

C’était le revers de la médaille, en ce qui me concerne. Je pense que créer son entreprise est toujours difficile et affecte forcément la vie personnelle.

Si je devais résumer, pour un ami qui veut monter sa boîte, je lui dirais :

  • Mieux vaut savoir te contenter de peu et ne pas être trop attaché au luxe ou au salaire que tu as pu avoir avant
  • Assure-toi avant de te lancer d’avoir le soutien de ton partenaire et de ta famille, sous peine de rater ton projet ou ton couple
  • Fais du sport ! Ton entreprise est une course de fond : si tu ne peux pas te libérer deux heures par semaine, c’est mal parti
  • Arme-toi de patience : les premières années sont difficiles
  • Si malgré ces mises en garde tu es toujours motivé, c’est que tu es mordu ! Et dans ce cas, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que foncer.

Portails espagnols en Italie

novembre 4, 2008

Depuis hier Rentalia offre aussi des locations de vacances en Italie. Rentalia rejoint ainsi la longue liste de portails espagnols qui se sont lancés sur le marché italien :

Depuis Utilisateurs uniques / jour
(Google Trends)
eDreams.it 2000 > 80.000
Infojobs.it 2004 > 50.000
eMagister.it 2006 > 20.000
Idealista.it 2007 > 5.000
Toprural.com Italie 2007 1.000*
Atrapalo.it 2008 2.000
Softonic.it 2008 > 10.000
Rentalia.com Italie 2008
* Données non-disponibles sur Google Trends. Source: Google Analytics

Carte des pays où Rentalia offre des locations de vacances

Carte des pays où Rentalia offre des maisons de vacances


En revanche il me semble qu’il y a relativement peu de sites webs italiens à succès (il y en a mais je trouve qu’il y en a peu en comparaison avec d’autres pays européens). Il y a de nombreux sites web italiens avec une petite équipe, mais peu de projets importants en terme d’investissements ou en nombre de personnes impliquées. Cela fait de l’Italie un marché très attrayant pour des sociétés étrangères : il s’agit d’un grand marché avec peu de concurrents locaux forts.

Pourquoi y a-t’il peu de sites italiens importants? D’après ce que certaines personnes m’ont dit, c’est sans doute parce que en Italie pour licencier un employé (lien en espagnol) vous devez négocier un accord avec celui-ci (il n’existe pas de licenciement non-justifié sans accord entre les parties) et lui payer une indemnisation de 2 ans de salaire… Avec ce genre de règles ce ne serait pas étonnant que peu d’entrepreneurs se lancent dans l’aventure de recruter une grande équipe.

Créer son entreprise sans expérience

novembre 1, 2008

En décembre 1999, je travaillais à Bruxelles pour The Boston Consulting Group (société de conseil en management stratégique) et Marta et moi avions décidé de déménager à Madrid et de monter un portail de tourisme rural.

Je me souviens d’une conversation que j’avais eue à l’époque avec mon manager, Yvan Jansen, qui me disait que se lancer dans autant de changements en même temps était une décision risquée : je ne connaissais rien au tourisme, ni à Internet, ni au monde rural (je n’avais effectué qu’un seul séjour dans un gîte rural en Belgique) et n’avais jamais travaillé en Espagne… Yvan avait raison, cela faisait beaucoup de changements d’un coup et peu d’atouts pour réussir cette entreprise en terrain totalement inconnu. Qu’à cela ne tienne : nous nous sommes lancés et, âgés d’à peine 25 ans, nous avons monté Toprural.

Nous ignorions tout de ce qu’il fallait savoir, mais nous étions conscients de nos lacunes et aucune n’était insurmontable. Nous nous sommes donc installés à Madrid en mars 2000 et avons débuté notre projet.

Designing Web Usability, Jakob Nielsen Nous n’avions pas d’expérience en webdesign? Nous avons acheté le livre “Designing Web Usability” de Jacob Nielsen et l’avons suivi à la lettre, autant que possible, pour imaginer le design du portail (on pourrait croire que je plaisante mais c’est vraiment comme ça que ça s’est passé !).

Nous n’avions pas d’expérience dans le domaine du Web? Nous nous sommes associés avec Juan Andrés Alvarez Valenzuela, un super-programmeur-visionnaire du Net qui avait quelques années d’expérience dans le développement web.

Nous n’avions pas d’expérience en tourisme rural ? Nous avons acheté tous les guides qui existaient sur le sujet et avons contacté les auteurs du meilleur ouvrage (l’annuaire du tourisme rural). Le projet leur a plu, ils nous ont apporté beaucoup d’idées et nous avons fini par nous associer.

Nous n’avions jamais monté d’entreprise ? La première pierre fut posée en décidant que je me dédierais au projet à temps plein et que nous y investirions nos économies (auxquelles s’ajoutaient les sommes mises par quelques membres de nos familles et amis, soit près de 100.000 € au total).

J’étais persuadé qu’avec un peu (voire beaucoup) de volonté et de chance, il n’y avait pas de secteur où nous ne pourrions nous faire une place, à condition de nous investir à 100% et de bien faire les choses. Rétrospectivement, je me dis que c’était pas gagné d’avance mais qu’il fallait le tenter.

Au pire, nous aurions perdu nos économies, l’investissement de personnes qui savaient qu’elles pouvaient le perdre (ce n’était pas un emprunt que nous aurions du rembourser en cas d’échec) et quelques années de travail, qui, dans tous les cas, auraient toujours constitué une expérience bonne à prendre, même si notre projet n’aboutissait pas.

Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter et je recommande à tous ceux qui sont tentés par l’aventure de se jeter à l’eau. En fin de compte, je pense que le plus important est de tenter le coup, et de s’associer à des personnes qui te complètent.

Article également publié en espagnol